Véritable révolutionnaire visuel, Norval Morrisseau a créé l’esthétique du style Woodland (ou « art des légendes »). Son style se définit par des lignes de contour noires épaisses et puissantes, souvent appelées « lignes de force », qui relient les êtres entre eux. Il utilisait des couleurs primaires vibrantes et des « rayons X » picturaux pour révéler l’intérieur des animaux et des humains, exposant leurs organes, leurs squelettes ou leurs énergies spirituelles. Cette approche transforme la toile en un espace sacré où le monde physique et le monde spirituel fusionnent.
Sa pensée artistique s’articule autour de la transmission et de la guérison. Pour Morrisseau, la peinture était un moyen de briser le silence imposé sur les traditions ojibwées et de partager les récits ancestraux avec le monde moderne. Il se considérait comme un artiste-chaman, utilisant l’art pour équilibrer les énergies et enseigner la spiritualité de son peuple. Sa philosophie reposait sur l’idée que l’art possède un pouvoir médicinal capable de transcender les barrières culturelles. En défiant les tabous liés à la représentation des savoirs traditionnels, il a ouvert la voie à une reconnaissance sans précédent de l’art autochtone contemporain.